Wednesday, March 31, 2004
Poème d'Apollinaire
Ce poème est, à mon sens l'un des plus beaux d'Apollinaire. Il fait partie du recueil Alcools, que j'ai étudié en classe de Première, et qui fut si bien analysé à cette époque par mon professeur de français, dont j'étais d'ailleurs un peu tombée amoureuse.
Puisque mon ami E. me l'a demandé, je tente une brève analyse...
Auteur du début du 20ème siècle, Apollinaire écrit un certain nombre de textes sur sa liaison avec Marie Laurencin. Le Pont Mirabeau, sur lequel passait souvent Apollinaire, devint un symbole de sa rupture avec Marie. L'eau de la Seine est une métaphore du temps qui passe et de la briéveté des relations amoureuses.
Ce poème est une élégie : poème lyrique aux tonalités tristes et mélancoliques, dont le thème est le plus souvent l'amour.
Il s'agit d'un monologue dont le locuteur est le poète lui-même, qui raconte sa douleur des relations amoureuses vouées à l'échec.
Le texte me fait davantage penser, par la disposition de ses rimes, à une chanson. D'ailleurs il fut chanté, bien après Apollinaire, par Marc Lavoine, dans un rythme plus enjoué que le thème principal du poème, la mélancolie.
1ère strophe : le Pont Mirabeau apparaît comme le lieu évocateur des amours, et des moments joyeux du locuteur : "La joie venait toujours après la peine". Il s'agit là d'un passé révolu, et dont le souvenir est douloureux. Cette douleur transparaît dans le refrain du poème, avec le thème de la nuit, et donc d'une trève. L'heure a sonné comme un glas, et les rimes en "eur" souligne la douleur du poète. Le temps passe et s'enfuit, laissant derrière lui les bons jours, et le locuteur reste là, comme figé, et impuissant ("les jours s'en vont, je demeure").
2ème strophe : "Les mains dans les mains restons face à face". Cette strophe est le rappel des amours perdues, et de deux êtres qui s'unissent pour former un pont avec leurs bras. L'eau de la Seine a déjà vécu ces moments, elle est ici personnifiée, car lasse des regards qui lui ont été adressés dans le passé : regarder l'eau qui passe, et voir les souvenirs s'enfuir.
3ème strophe : la fuite de l'amour.
Toujours dans cette optique du temps qui passe, et de l'impuissance du narrateur à rattraper les bons moments, l'amour est lui aussi en pleine fuite.
L'amour s'en va, et la vie lente contraste avec la violence de l'espérance, toujours présente, comme inpérieuse, dont on ne peut se détacher. La rime intérieure crée une certaine harmonie, entre les mots courts, un présent "la vie est lente", et une expression plus lente, "L'espérance est violente".
4ème strophe : la fuite du temps
Le temps et l'amour se réunissent dans la dernière strophe, la Seine rappelle au poète son amour perdu. Cette dernière scène compare les deux éléments majeurs du poème, l'amour et le temps, tous deux en fuite.
Le pont Mirabeau
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Puisque mon ami E. me l'a demandé, je tente une brève analyse...
Auteur du début du 20ème siècle, Apollinaire écrit un certain nombre de textes sur sa liaison avec Marie Laurencin. Le Pont Mirabeau, sur lequel passait souvent Apollinaire, devint un symbole de sa rupture avec Marie. L'eau de la Seine est une métaphore du temps qui passe et de la briéveté des relations amoureuses.
Ce poème est une élégie : poème lyrique aux tonalités tristes et mélancoliques, dont le thème est le plus souvent l'amour.
Il s'agit d'un monologue dont le locuteur est le poète lui-même, qui raconte sa douleur des relations amoureuses vouées à l'échec.
Le texte me fait davantage penser, par la disposition de ses rimes, à une chanson. D'ailleurs il fut chanté, bien après Apollinaire, par Marc Lavoine, dans un rythme plus enjoué que le thème principal du poème, la mélancolie.
1ère strophe : le Pont Mirabeau apparaît comme le lieu évocateur des amours, et des moments joyeux du locuteur : "La joie venait toujours après la peine". Il s'agit là d'un passé révolu, et dont le souvenir est douloureux. Cette douleur transparaît dans le refrain du poème, avec le thème de la nuit, et donc d'une trève. L'heure a sonné comme un glas, et les rimes en "eur" souligne la douleur du poète. Le temps passe et s'enfuit, laissant derrière lui les bons jours, et le locuteur reste là, comme figé, et impuissant ("les jours s'en vont, je demeure").
2ème strophe : "Les mains dans les mains restons face à face". Cette strophe est le rappel des amours perdues, et de deux êtres qui s'unissent pour former un pont avec leurs bras. L'eau de la Seine a déjà vécu ces moments, elle est ici personnifiée, car lasse des regards qui lui ont été adressés dans le passé : regarder l'eau qui passe, et voir les souvenirs s'enfuir.
3ème strophe : la fuite de l'amour.
Toujours dans cette optique du temps qui passe, et de l'impuissance du narrateur à rattraper les bons moments, l'amour est lui aussi en pleine fuite.
L'amour s'en va, et la vie lente contraste avec la violence de l'espérance, toujours présente, comme inpérieuse, dont on ne peut se détacher. La rime intérieure crée une certaine harmonie, entre les mots courts, un présent "la vie est lente", et une expression plus lente, "L'espérance est violente".
4ème strophe : la fuite du temps
Le temps et l'amour se réunissent dans la dernière strophe, la Seine rappelle au poète son amour perdu. Cette dernière scène compare les deux éléments majeurs du poème, l'amour et le temps, tous deux en fuite.
Le pont Mirabeau
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine.
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Monday, March 29, 2004
(Interdit au moins de 18 ans) Mail envoyé à E. le 12/03/04
Wouhaou!! Je suis impressionnée par cette capacité d'imagination!! Je
vois
difficilement comment faire mieux!! Un petit épisode avec ma proprio...
Moi, je me vois le jour de l'état des lieux, arrivant à l'appart en
tenue
légère, où elle m'attendrait depuis quelque temps, seule. Vu que ce
sera au
mois de mai, elle aussi serait en tenue légère, mais pour rétablir le
rapport homme/femme, moi je serais en robe fine, en soie rose,
décolletée.
Elle porterait un bustier blanc et un pantalon fluide en lin beige.
Mais
rien de très sexy, c'est moi la fille dans l'histoire, elle joue le
rôle du
garçon, avec ses cheveux courts...
Dehors le temps serait printanier, un ciel bleu, un soleil qui
caresserait
la peau et réchaufferait le visage.... Je serais bien évidemment
émoustillée par les jambes féminines dans la ville, découvertes pour
accueillir le renouveau, la belle saison.
J'arrive donc à l'appart, elle m'accueille avec un grand sourire, aussi
chaleureuse et accueillante qu'à son habitude, même si je ne la connais
pas
encore très bien. Après avoir fait la visite détaillée de l'appart et
rédigé l'état des lieux, dans la chambre nous signons le document,
tandis
qu'un rayon de soleil inonde la pièce et l'illumine. Pour que nous
n'ayons
pas trop chaud, elle met les rideaux, ce qui nous plonge dans une
atmosphère plus intime, la lumière se fait orangée... Elle se place à
côté
de moi sur le clic clac, se rapproche de plus en plus et me fait signer
le
document, tandis qu'une main indiscrète frôle ma cuisse, puis se met à
la
caresser doucement.
(Tu vois, je suis un peu progressive)
A ce moment, je sens une chaleur envahir le bas de mon de ventre, je
mouille (heureusement que le directeur informatique est en réunion,
s'il
lisait ça!!), et moi aussi je me mets à lui caresser la cuisse, et je
la
sens détendue, elle ferme les yeux, s'offre à moi, entrouvre la bouche,
et
se laisse choir sur le clic clac. Moi, de plus en plus excitée, je me
penche sur elle, et l'embrasse d'un baiser fougueux, passionné. Ses
petits
gémissements pimentent mon excitation, je sors ma langue tiède pour me
mélanger à la sienne, et ce baiser dure une éternité, le temps s'arrête
tellement c'est bon... Je poursuis mes caresses pour me promener le
long de
son cou, puis sa main guide la mienne sur son sein, tout ferme et
pointu,
petit mais hyper excitant. Elle semble apprécier de plus en plus, et
m'embrasse goulument.
A ce moment, l'excitation nous ayant trop réchauffées, nous nous
déshabillons progressivement, elle enlève délicatement son bustier et
laisse découvrir un magnifique soutien-gorge en dentelle blanche, avant
de
se lever pour laisser tomber son pantalon et me montrer son cul,
musclé,
certes plus plat que le mien, mais il faut avouer que c'est elle
l'homme
dans l'histoire!!
A mon tour je me lève, lui montre mon dos afin qu'elle déboutonne ma
robe,
et une fois en petite tenue, elle se place derrière moi pour
m'empoigner
doucement les seins, elle sent leur lourdeur sous ses mains, les
soupèse,
les malaxe, puis nous nous laissons tomber sur le clic clac que nous
avons
au préalable rapidement déplié... Je sens ma chatte dégouliner, je me
penche sur elle, qui, allongée sur le dos, dégrafe mon soutien-gorge,
elle
m'embrasse, me caresse, sa main se dirige sur ma fesse, elle déplace
doucement mon string pour pouvoir s'occuper soigneusement de mon petit
sexe
tout humide. Elle entrouve alors mon petit trou, qui n'en peut plus de
transpirer, et en même temps je me mets à lui bouffer les seins,
goulument.
Je lèche leur petite pointe jusqu'à l'insoutenable, elle est
incroyablement
offerte, détendue, perdue de plaisir (je n'en peux plus, ça me fait
trop
d'effet d'écrire ça).
De temps en temps, nous poursuivons nos baisers fougueux, puis de sa
bouche
je me dirige plus bas pour explorer son corps, je lui lèche encore les
seins, puis je descends pour promener ma langue autour de son nombril,
puis, plus bas, jusqu'à l'endroit inconnu, l'origine du monde, un sexe
féminin ravissant, tout épilé, mis à part quelques poils qui
surplombent ce
mont de Vénus charmant... Je m'approche, respire cette chatte à l'odeur
si
caractéristique lorsqu'une femme est excitée, une odeur de fer, ou
quelque
chose d'indéfinissable. Cela me fait trop envie, je goute ce fruit
délicieux, je déguste avec délectation, je plonge ma langue autour de
ses
lèvres, puis pénètre son vagin rose et humide, palpitant sous mes
sollicitations...
vois
difficilement comment faire mieux!! Un petit épisode avec ma proprio...
Moi, je me vois le jour de l'état des lieux, arrivant à l'appart en
tenue
légère, où elle m'attendrait depuis quelque temps, seule. Vu que ce
sera au
mois de mai, elle aussi serait en tenue légère, mais pour rétablir le
rapport homme/femme, moi je serais en robe fine, en soie rose,
décolletée.
Elle porterait un bustier blanc et un pantalon fluide en lin beige.
Mais
rien de très sexy, c'est moi la fille dans l'histoire, elle joue le
rôle du
garçon, avec ses cheveux courts...
Dehors le temps serait printanier, un ciel bleu, un soleil qui
caresserait
la peau et réchaufferait le visage.... Je serais bien évidemment
émoustillée par les jambes féminines dans la ville, découvertes pour
accueillir le renouveau, la belle saison.
J'arrive donc à l'appart, elle m'accueille avec un grand sourire, aussi
chaleureuse et accueillante qu'à son habitude, même si je ne la connais
pas
encore très bien. Après avoir fait la visite détaillée de l'appart et
rédigé l'état des lieux, dans la chambre nous signons le document,
tandis
qu'un rayon de soleil inonde la pièce et l'illumine. Pour que nous
n'ayons
pas trop chaud, elle met les rideaux, ce qui nous plonge dans une
atmosphère plus intime, la lumière se fait orangée... Elle se place à
côté
de moi sur le clic clac, se rapproche de plus en plus et me fait signer
le
document, tandis qu'une main indiscrète frôle ma cuisse, puis se met à
la
caresser doucement.
(Tu vois, je suis un peu progressive)
A ce moment, je sens une chaleur envahir le bas de mon de ventre, je
mouille (heureusement que le directeur informatique est en réunion,
s'il
lisait ça!!), et moi aussi je me mets à lui caresser la cuisse, et je
la
sens détendue, elle ferme les yeux, s'offre à moi, entrouvre la bouche,
et
se laisse choir sur le clic clac. Moi, de plus en plus excitée, je me
penche sur elle, et l'embrasse d'un baiser fougueux, passionné. Ses
petits
gémissements pimentent mon excitation, je sors ma langue tiède pour me
mélanger à la sienne, et ce baiser dure une éternité, le temps s'arrête
tellement c'est bon... Je poursuis mes caresses pour me promener le
long de
son cou, puis sa main guide la mienne sur son sein, tout ferme et
pointu,
petit mais hyper excitant. Elle semble apprécier de plus en plus, et
m'embrasse goulument.
A ce moment, l'excitation nous ayant trop réchauffées, nous nous
déshabillons progressivement, elle enlève délicatement son bustier et
laisse découvrir un magnifique soutien-gorge en dentelle blanche, avant
de
se lever pour laisser tomber son pantalon et me montrer son cul,
musclé,
certes plus plat que le mien, mais il faut avouer que c'est elle
l'homme
dans l'histoire!!
A mon tour je me lève, lui montre mon dos afin qu'elle déboutonne ma
robe,
et une fois en petite tenue, elle se place derrière moi pour
m'empoigner
doucement les seins, elle sent leur lourdeur sous ses mains, les
soupèse,
les malaxe, puis nous nous laissons tomber sur le clic clac que nous
avons
au préalable rapidement déplié... Je sens ma chatte dégouliner, je me
penche sur elle, qui, allongée sur le dos, dégrafe mon soutien-gorge,
elle
m'embrasse, me caresse, sa main se dirige sur ma fesse, elle déplace
doucement mon string pour pouvoir s'occuper soigneusement de mon petit
sexe
tout humide. Elle entrouve alors mon petit trou, qui n'en peut plus de
transpirer, et en même temps je me mets à lui bouffer les seins,
goulument.
Je lèche leur petite pointe jusqu'à l'insoutenable, elle est
incroyablement
offerte, détendue, perdue de plaisir (je n'en peux plus, ça me fait
trop
d'effet d'écrire ça).
De temps en temps, nous poursuivons nos baisers fougueux, puis de sa
bouche
je me dirige plus bas pour explorer son corps, je lui lèche encore les
seins, puis je descends pour promener ma langue autour de son nombril,
puis, plus bas, jusqu'à l'endroit inconnu, l'origine du monde, un sexe
féminin ravissant, tout épilé, mis à part quelques poils qui
surplombent ce
mont de Vénus charmant... Je m'approche, respire cette chatte à l'odeur
si
caractéristique lorsqu'une femme est excitée, une odeur de fer, ou
quelque
chose d'indéfinissable. Cela me fait trop envie, je goute ce fruit
délicieux, je déguste avec délectation, je plonge ma langue autour de
ses
lèvres, puis pénètre son vagin rose et humide, palpitant sous mes
sollicitations...
Sunday, March 28, 2004
Immortel
Le film que j'ai vu il y a trois jours était un peu un ovni du cinéma français. J'y suis allée avec un ami qui connaît Bilal, moi en novice j'ai découvert un univers à part, et un film atypique : à la fois dans le scénario, la thématique des personnages, et l'esthétisme.
Ce que je retiendrai surtout, c'est une très belle histoire d'amour entre Nikopol, jeune homme possédé par un dieu atterri sur terre pour 7 sept jours, le temps de féconder, et une femme du nom de Jill, mutante aux cheveux et aux larmes bleus.
En 2095, à New York (j'ai lu la BD originale, celle-ci se déroule à Paris), la mode est aux transformations génétiques, aux transplants d'organes et à la quête de la perfection à travers la chirurgie esthétique.
Les trois destins convergents d'Horus, Dieu à la tête de faucon et qui doit préserver son immortalité, Nikopol et Jill se réunissent sous l'emprise d'une valeur forte et universelle : celle de l'amour.
Une anecdote de ce film : la citation par Nikopol amputé (il est sorti de son hibernation et en a perdu une jambe) d'un de mes poèmes préférés de Baudelaire, Une charogne
--------------------------------------------------------------------------------
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
Charles Baudelaire
Le film que j'ai vu il y a trois jours était un peu un ovni du cinéma français. J'y suis allée avec un ami qui connaît Bilal, moi en novice j'ai découvert un univers à part, et un film atypique : à la fois dans le scénario, la thématique des personnages, et l'esthétisme.
Ce que je retiendrai surtout, c'est une très belle histoire d'amour entre Nikopol, jeune homme possédé par un dieu atterri sur terre pour 7 sept jours, le temps de féconder, et une femme du nom de Jill, mutante aux cheveux et aux larmes bleus.
En 2095, à New York (j'ai lu la BD originale, celle-ci se déroule à Paris), la mode est aux transformations génétiques, aux transplants d'organes et à la quête de la perfection à travers la chirurgie esthétique.
Les trois destins convergents d'Horus, Dieu à la tête de faucon et qui doit préserver son immortalité, Nikopol et Jill se réunissent sous l'emprise d'une valeur forte et universelle : celle de l'amour.
Une anecdote de ce film : la citation par Nikopol amputé (il est sorti de son hibernation et en a perdu une jambe) d'un de mes poèmes préférés de Baudelaire, Une charogne
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Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses.
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
Charles Baudelaire